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Valère BLOUSE, Baryton belge (1892-1970)


Portrait de pied dans le rôle-titre de Boris Godounov, Opéra de Marseille, 1935.
Exemplaire carrière de plus d’un demi-siècle pour ce baryton belge. Musicien naturellement doué, il effectue des études de chant, de déclamation, de piano et de basson au Conservatoire de Mons. En 1918, il remporte un premier succès à Pâturages (Hainaut) en concert, puis dans d’autres localités de sa région natale. Il est ensuite recruté par le Grand-Théâtre de Verviers où il est premier baryton (Hérodiade, Werther, La Bohème, La Favorite, saison 1919-1920.) Sa carrière se poursuit en France (tout d’abord à Limoges), ce qui établit sa longue association avec les scènes françaises, notamment Marseille où il est un pilier. Il chante dans les principaux théâtres de l’Hexagone dans un vaste répertoire d’opéra et d’opéra comique. Il donne plusieurs milliers de représentations et montre une frappante verve interprétative, alternant les emplois les plus dramatiques avec d’autres plus légers, abordant aussi des rôles de basse chantante. Sur près de cinq décennies, sa voix reste fraîche et parfaitement projetée. Quelques rôles : Hidraot (Armide), le Duc de Nevers (Les Huguenots), le rôle-titre de Guillaume Tell, Balthazar (La Favorite), Enrico (Lucia di Lammermoor), Athanaël (Thaïs), Jupiter/Vulcain (Philémon et Baucis), Hamilcar (Salammbô), Hamilcar (Salammbô), le Grand Prêtre (Samson et Dalila), le Diable (Grisélidis), Lescaut (Manon), Ourrias (Mireille), Dón Diègue de Vivar (Le Cid), Escamillo (Carmen), Morlier (L’Attaque du moulin), Boniface (Le Jongleur de Notre-Dame), le Roi Gunther (Sigurd), le Bailli (Werther), Scindia (Le Roi de Lahore), Nilakantha (Lakmé), le Médecin (Le Médecin malgré lui), le Père (Louise), La Passion, d’Orbel/Germont : La Traviata), Hérode (Hérodiade), Donner (L’Or du Rhin), Kurwenal (Tristan et Yseult), Gunther (Le Crépuscule des dieux), Wotan (Siegfried), Wolfram (Tannhäuser), Friedrich von Telramund (Lohengrin), les rôles-titres de Henry VIII, et celui de Boris Godounov, Paul (Colombo), Valentin (Faust), le rôle-titre de Rigoletto, le Conte di Luna (Il Trovatore), Sir John Falstaff (Falstaff), Iago (Otello), Ramfis (Aida), le rôle-titre de Le Chemineau, Césaire (Sapho), Geronte (Manon Lescaut), Caoudal (Sapho), Escamillo (Carmen), Alfio (Cavalleria rusticana), Tonio/Silvio (Paillasse), Marcello (La Bohème), Sharpless (Madama Butterfly), le Baron Scarpia (Tosca), Alfio (Cavalleria rusticana), Villaceaux (Ninon), Gérard (André Chénier), Jochanaan (Salomé), Arcesius (Les Yeux morts), Peter Wulff/Frée Kerdée (La Fiancée de la mer), le Premier Laquais (Le Tsarévitch), le Prince Aphron (Le Coq d’or), le rôle-titre d’Œdipe, etc. Valère Blouse chante également à Alger, Oran, Casablanca et Monte-Carlo. Tout au long de sa carrière, il participe à quelques créations absolues ou in loco. Il ne chante que Lohengrin à l’Opéra de Paris (1935), étant engagé au long terme avec les principaux théâtres français. Membre de la troupe de l’Opéra de Marseille entre 1934 et 1960, il y donne l’essentiel de son répertoire. Au Théâtre Royal de la Monnaie, il est invité pour Cavalleria rusticana et Rigoletto (1953-1955.) Il est l’invité régulier du Théâtre Royal de Gand (1925-1928, 1939-1940 puis entre 1956 et 1957) : il y chante son répertoire et y crée Arcesius (Les Yeux morts) et Cléon (L’Epave, toutes deux en 1925.) Il y aborde également quelques œuvres inhabituelles telles que L’Arlequin, Stamboul, Le Tsarévitch, Le Coq d’or.) A son actif, plus de 124 rôles et des milliers de représentations. Il laisse un maigre legs discographique et quelques captations de la radio française existent. Possédant une voix puissante et souple, au timbre cuivré, Valère Blouse, à l’instar d’autres chanteurs belges, maîtrise à la perfection l’art du phrasé, au service d’une diction impeccable. Excellent camarade, toujours prêt à remplacer un collègue défaillant au pied levé, il est l’un des meilleurs barytons de sa génération.
Photographie : Blanc & Demilly, Lyon
Fonds musical Claude-Pascal Perna, Bruxelles®

 

Portrait de profil dans le rôle-titre de Boris Godounov, Opéra de Marseille, 1935.
Photographie : Blanc & Demilly, Lyon
Fonds musical Claude-Pascal Perna, Bruxelles®